Les dernières données publiées par la Banque de France montrent une reprise de la hausse des défaillances d’entreprises. À fin juin 2026, 70 803 défaillances ont été enregistrées en cumul sur douze mois, contre 70 117 à fin mai sur données révisées. Le phénomène touche désormais l’ensemble des tailles d’entreprises et la plupart des secteurs, ce qui appelle à maintenir une vigilance élevée sur la solvabilité des clients et partenaires commerciaux.
À fin juin 2026, les défaillances progressent de 5,1 % sur un an et se situent 19,3 % au-dessus de leur moyenne 2010-2019. Les TPE, petites et moyennes entreprises affichent des niveaux particulièrement supérieurs à leur moyenne d’avant-Covid. Les conseils et services aux entreprises enregistrent une hausse annuelle de 10,1 %, l’hébergement-restauration de 7,5 % et les activités immobilières de 5,5 %. Pour les entreprises accordant des délais de paiement, ces chiffres renforcent l’intérêt d’un suivi régulier du risque client.
Une hausse qui reprend après la stabilisation de mai
La publication de la Banque de France du 7 août fait apparaître 70 803 défaillances cumulées sur les douze mois à fin juin 2026, contre 70 117 à fin mai. Un an auparavant, le cumul était de 67 387. La progression atteint donc 5,1 % sur un an. Par rapport à la moyenne observée entre 2010 et 2019, fixée à 59 342 défaillances, le niveau actuel est supérieur de 19,3 %.
La Banque de France souligne que cette reprise de la hausse intervient après la stabilité enregistrée le mois précédent et concerne toutes les tailles d’entreprises ainsi que la plupart des secteurs d’activité. Elle relie notamment le niveau élevé des défaillances aux chocs économiques successifs et aux incertitudes qui ont fragilisé la situation financière de certaines entreprises.
Ces chiffres doivent néanmoins être replacés dans un tissu entrepreneurial qui continue de s’élargir : plus de 1,2 million d’entreprises ont été créées sur douze mois à fin juin 2026, soit une hausse de 11,1 % par rapport à la même période un an plus tôt, selon les données reprises par la Banque de France à partir de l’Insee.
Les entreprises de taille plus importante ne sont pas épargnées
L’analyse par taille est particulièrement instructive pour l’évaluation du risque client. Sur douze mois, la Banque de France recense 3 494 défaillances parmi les très petites entreprises, soit +9,6 % sur un an, et un niveau supérieur de 73,7 % à la moyenne 2010-2019. Pour les petites entreprises, les 1 529 défaillances recensées représentent une hausse annuelle de 6,8 % et un niveau supérieur de 68 % à cette moyenne historique.
Les moyennes entreprises affichent quant à elles 532 défaillances, en augmentation de 12,7 % sur un an. Pour les ETI et grandes entreprises, le nombre reste beaucoup plus faible en valeur absolue, avec 66 défaillances, mais progresse de 20 % par rapport à juin 2025.
Une étude publiée cet été par la Banque de France apporte un éclairage complémentaire : pour les PME hors microentreprises, les ETI et les grandes entreprises, le niveau élevé des défaillances ne peut plus être expliqué uniquement par le rattrapage des défaillances évitées pendant la période Covid. L’institution observe également, parmi les entreprises défaillantes, une dégradation plus marquée de certaines structures financières et davantage de difficultés à préserver leur niveau d’activité.
Des écarts importants selon les secteurs
La situation reste très contrastée. À fin juin, les conseils et services aux entreprises totalisent 9 085 défaillances sur douze mois, soit +10,1 % sur un an. L’hébergement-restauration atteint 9 692 défaillances (+7,5 %), les activités immobilières 2 653 (+5,5 %) et les activités financières et d’assurance 1 717 (+3,9 %).
À l’inverse, la construction enregistre 14 483 défaillances, en recul de 1,6 % sur un an. Ce secteur reste toutefois important en volume. Les transports et l’entreposage présentent également une situation particulière : les 3 244 défaillances constatées ne progressent que de 2,9 % sur un an, mais restent 70,6 % au-dessus de la moyenne 2010-2019.
Un signal à intégrer dans la gestion du risque client
Ces statistiques ne permettent évidemment pas de conclure qu’une entreprise appartenant à un secteur donné présente individuellement un risque de défaillance. Elles constituent en revanche un indicateur de contexte utile pour les directions financières, credit managers et entreprises accordant du crédit interentreprises.
Dans un environnement où les défaillances restent nettement supérieures à leur moyenne historique, la vérification régulière de la solvabilité, le suivi des comportements de paiement, l’actualisation des encours autorisés et la détection rapide des signaux de fragilité prennent une importance accrue. Cette prudence apparaît d’autant plus pertinente que, dans son enquête publiée le 11 août, la Banque de France indique que la situation de trésorerie demeure globalement défavorable dans les services marchands, malgré une légère amélioration.
Conclusion
Le retour à une relative stabilisation des défaillances n’est donc pas encore acquis. Les 70 803 défaillances recensées sur douze mois à fin juin confirment un environnement dans lequel le risque de contrepartie doit rester suivi de près. Pour les entreprises françaises, l’enjeu consiste moins à généraliser le risque qu’à identifier suffisamment tôt les clients et partenaires dont la situation financière se détériore.
